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		<title>Services publics et AGCS : la mobilisation citoyenne pour sauver l'Etat social, par William Gasparini (novembre 2005)</title>
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		<dc:date>2006-03-12T14:47:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;William Gasparini est membre d'Attac Strasbourg, sociologue &#224; l'Universit&#233; Marc Bloch et membre du Conseil scientifique d'Attac France. &lt;br class='autobr' /&gt; Un sondage r&#233;cent a montr&#233; que les Fran&#231;ais restaient attach&#233;s &#224; leurs services publics. Ils n'en demandent pas moins des transformations car les besoins ont chang&#233; et des in&#233;galit&#233;s se sont creus&#233;es au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es du fait des politiques n&#233;o-lib&#233;rales mises en &#339;uvre. Depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt, l'Etat est confront&#233; &#224; un...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://attac45.site.attac.org/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt; A.G.C.S.&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;William Gasparini est membre d'Attac Strasbourg, sociologue &#224; l'Universit&#233; Marc Bloch et membre du Conseil scientifique d'Attac France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un sondage r&#233;cent a montr&#233; que les Fran&#231;ais restaient attach&#233;s &#224; leurs services publics. Ils n'en demandent pas moins des transformations car les besoins ont chang&#233; et des in&#233;galit&#233;s se sont creus&#233;es au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es du fait des politiques n&#233;o-lib&#233;rales mises en &#339;uvre. Depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt, l'Etat est confront&#233; &#224; un ch&#244;mage structurel &#233;lev&#233; d&#233;sorganisant les milieux populaires ouvriers et transformant les cit&#233;s HLM en quartiers de rel&#233;gation (sociale et urbaine). S'y ajoutent les discriminations &#224; l'embauche et au logement, l'&#233;chec scolaire mais aussi la d&#233;l&#233;gation de pouvoir aux &#171; grands fr&#232;res &#187; et aux associations caritatives. Insidieusement, on passe d'une politique d'Etat visant &#224; agir sur les structures m&#234;mes des causes produisant les in&#233;galit&#233;s &#224; une politique visant simplement &#224; corriger les effets de la distribution in&#233;gale des ressources en capital &#233;conomique et culturel, c'est &#224; dire &#224; une charit&#233; d'Etat destin&#233;e, comme au bon temps de la philanthropie religieuse, aux &#171; pauvres m&#233;ritants &#187;. La diffusion d'un mod&#232;le du &#171; moins d'Etat &#187; par les nouveaux ma&#238;tres &#224; penser (de droite comme de gauche) associ&#233;e &#224; la disqualification acc&#233;l&#233;r&#233;e des formes d'engagement h&#233;rit&#233;es du monde ouvrier (et de ses repr&#233;sentations du collectif, entre autres le militantisme politique et syndical) ont eu pour effet de mettre &#224; mal les solidarit&#233;s traditionnelles et l'id&#233;e m&#234;me de service public. Dans ce nouvel environnement, &#224; l'exception de quelques associations caritatives ou communautaires, personnes ne peut soutenir personne, de sorte que les chutes sociales ne rencontrent plus les filets de protection d'antan (syndicats, associations, familles, partis politiques...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce discours de d&#233;nigrement de l'Etat, int&#233;rioris&#233; par nombre de Fran&#231;ais et, parmi eux, certains jeunes de banlieue a pu, sous certaines conditions, favoriser le passage &#224; l'acte d'une minorit&#233; d'entre eux. Paradoxalement, pour celles et ceux qui n'ont pas de patrimoine (notamment les Fran&#231;ais issus de l'immigration), les services publics sont souvent le seul patrimoine dont ils disposent. La violence exerc&#233;e contre les symboles de d'Etat les plus proches (cr&#232;ches, &#233;coles, gymnases, postes de police) est &#224; mettre en parall&#232;le avec la virulence du discours des n&#233;o-lib&#233;raux et des &#171; lib&#233;raux-libertaires &#187; contre l'Etat : faisant du lib&#233;ralisme &#233;conomique la condition n&#233;cessaire et suffisante de la libert&#233;, on assimile l'interventionnisme de l'Etat au &#171; dirigisme &#187; et l'on tient les fonctionnaires pour responsables de toutes les inefficacit&#233;s et de toutes les rigidit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est alors impossible de comprendre le rapport actuel &#224; la chose publique sans prendre en compte cette conversion collective &#224; la vision n&#233;o-lib&#233;rale et sans replacer les &#233;v&#233;nements dans le processus plus g&#233;n&#233;ral de d&#233;mant&#232;lement des services publics dans les banlieues et les zones rurales. Pourtant, la r&#233;alisation int&#233;grale de cette domination n'est en rien une fatalit&#233; car tous les acteurs ne s'y soumettent pas. Les actions de contestation de la privatisation des services publics mises en &#339;uvre par le gouvernement, l'Union europ&#233;enne et l'AGCS (Accord G&#233;n&#233;ral sur le Commerce des Services) convergent pour d&#233;noncer ce m&#234;me processus de r&#233;duction de l'aire d'emprise de l'Etat social. A c&#244;t&#233; du mouvement social et des altermondialistes, la &#171; main gauche de l'Etat &#187; (selon l'expression de Pierre Bourdieu, &#171; petits &#187; fonctionnaires, maires de village et de &#171; cit&#233;s-banlieues &#187;, travailleurs sociaux, enseignants de ZEP, instituteurs, assistantes sociales... qui ont majoritairement vot&#233; &#171; Non &#187; au r&#233;f&#233;rendum sur le TCE) s'organise pour d&#233;noncer le d&#233;sengagement de l'Etat port&#233; par sa &#171; main droite &#187; convertie au culte de la &#171; modernisation &#187; des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;unies en Convention &#224; Li&#232;ge les 22 et 23 octobre 2005, les collectivit&#233;s locales pour la promotion des services publics ont adopt&#233; une r&#233;solution afin d'alerter les gouvernements europ&#233;ens, les parlementaires europ&#233;ens, les &#233;lus locaux mais aussi les partis politiques, syndicats, associations et habitants. Le 19 novembre, les collectifs de d&#233;fense et de d&#233;veloppement des services publics manifesteront pour d&#233;fendre et construire l'avenir des services publics en France et en Europe. Ce mouvement d'&#233;lus locaux fait suite &#224; la fronde citoyenne de l'automne 2004 : pour rappel, 263 d'entre eux, originaires de la Creuse, ont d&#233;missionn&#233; pour protester contre la r&#233;duction drastique des services publics de proximit&#233; (&#233;coles, bureaux de poste, perceptions) dans leur d&#233;partement . Quelques jours plus tard, ce sont 600 collectivit&#233;s territoriales (r&#233;gions, d&#233;partements, agglom&#233;rations, villes) qui ont d&#233;nonc&#233; l'AGCS. N&#233;goci&#233; &#224; l'insu de leurs repr&#233;sentants dans le cadre de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), cet accord lib&#233;ralise le plus largement possible les activit&#233;s de services. S'il est finalis&#233;, nos collectivit&#233;s ne pourront plus assurer un certain nombre de services publics ni subventionner des activit&#233;s qui seraient en concurrence avec celles du march&#233; (restauration scolaire, distribution de l'eau, cr&#232;ches, etc.). R&#233;unis en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#224; Bobigny en novembre 2004, la majorit&#233; des &#233;diles de ces collectivit&#233;s se sont d&#233;clar&#233;s symboliquement &#171; zone hors AGCS &#187;. D'autres les ont rejoint depuis pour demander un moratoire sur ces n&#233;gociations et l'ouverture d'un d&#233;bat national sur l'AGCS. Enfin, le dernier congr&#232;s de l'Association des Maires de France (AMF) a &#233;t&#233; l'occasion pour de nombreux maires de communes rurales en col&#232;re de d&#233;noncer la suppression de nombreux postes de fonctionnaires d'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AGCS sera &#224; nouveau sur la table des n&#233;gociations lors de la prochaine conf&#233;rence minist&#233;rielle de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) &#224; Hongkong du 13 au 18 d&#233;cembre 2005. Les Etats membres de l'OMC (dont l'UE) devront &#171; offrir &#187; toujours plus de services &#224; la libre concurrence (transports, poste et messagerie, environnement, distribution, &#233;ducation...). En pr&#244;nant la lib&#233;ralisation sans limite des services publics dans l'Union europ&#233;enne, la directive Bolkestein ne fait qu'appliquer les principes de l'AGCS. Le report de son examen par le Parlement europ&#233;en en janvier 2006 est un sursis &#224; mettre &#224; l'actif des mobilisations r&#233;centes du mouvement social. C'est dans ce sens aussi que la d&#233;claration commune du 12 octobre de la CGT/CFDT/CFTC/UNSA r&#233;affirme &#171; la n&#233;cessit&#233; d'une directive cadre sur les services d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (SIG) qui les d&#233;finisse en conformit&#233; et &#224; partir de la Charte des droits fondamentaux adopt&#233;e &#224; Nice en d&#233;cembre 2000 &#187;. Des services de qualit&#233; accessibles &#224; tous sont bien un &#233;l&#233;ment essentiel de coh&#233;sion sociale, partie prenante du mod&#232;le social europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;mant&#232;lement de l'Etat social et les privatisations au niveau fran&#231;ais associ&#233;s &#224; l'ouverture &#224; la concurrence, conduite aux niveaux europ&#233;en et mondial, constituent les modes majeurs d'attaque contre les services publics. Si nous voulons une v&#233;ritable Europe sociale au service de tous, la premi&#232;re mesure consiste &#224; affranchir les services publics des r&#232;gles de la concurrence. Le service public doit participer au dynamisme de l'&#233;conomie, en favorisant la croissance durable et la cr&#233;ation d'emplois. Ainsi, il pourra jouer son r&#244;le essentiel pour assurer la coh&#233;sion sociale et territoriale et permettre un renforcement des solidarit&#233;s nationales. L'histoire des services publics s'est construite &#224; partir de confrontations entre les aspirations des populations et les exigences &#233;conomiques exprim&#233;es dans les luttes sociales, inscrites dans les conceptions de l'Etat r&#233;publicain. Dans le contexte d'une Europe que l'on nous promet lib&#233;rale, nous devons &#234;tre conscients du caract&#232;re d'exception des services publics et nous mobiliser pour perp&#233;tuer leur mission. Ils doivent redevenir l'instrument de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et faire l'objet de luttes sociales pour une r&#233;elle d&#233;mocratisation. Ce n'est qu'&#224; cette condition que les services publics seront la conscience r&#233;flexive d'une soci&#233;t&#233; fid&#232;le &#224; l'id&#233;al r&#233;publicain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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