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		<title>attac-loiret</title>
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		<title>Pour une Critique de l'&#233;conomie quaternaire - r&#233;ponse au Prof D&#233;co, Par Philippe Lalik (d&#233;cembre 2004)</title>
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&lt;p&gt;Dans sa chronique d&#233;corative (n&#176;5) publi&#233;e dans La Lettre pr&#233;c&#233;dente, Prof D&#233;co estime que les &#233;conomies seront t&#244;t ou tard domin&#233;es par le secteur quaternaire, ce dont il se f&#233;licite d'ailleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lors du si&#232;cle pass&#233;, on a en effet constat&#233; que le travail avait quitt&#233; le champ pour l'usine, puis l'usine pour le bureau. En toute logique, l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur les services pures serait la prochaine &#233;tape. Mais cette mani&#232;re de voir n'est-elle pas trop lin&#233;aire ? Car, si depuis...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://attac45.site.attac.org/spip.php?rubrique109" rel="directory"&gt;Les chroniques du Prof D&#233;co&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans sa chronique d&#233;corative (n&#176;5) publi&#233;e dans La Lettre pr&#233;c&#233;dente, Prof D&#233;co estime que les &#233;conomies seront t&#244;t ou tard domin&#233;es par le secteur quaternaire, ce dont il se f&#233;licite d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du si&#232;cle pass&#233;, on a en effet constat&#233; que le travail avait quitt&#233; le champ pour l'usine, puis l'usine pour le bureau. En toute logique, l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur les services pures serait la prochaine &#233;tape. Mais cette mani&#232;re de voir n'est-elle pas trop lin&#233;aire ? Car, si depuis une cinquantaine d'ann&#233;es, l'activit&#233; et l'emploi ont quitt&#233; les champs pour l'industrie et les services, c'est surtout en raison d'une m&#233;canisation rendue possible par une &#233;nergie non renouvelable et &#224; bas prix sur laquelle les occidentaux ont fait main basse : le p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait aujourd'hui que si l'ensemble des pays avaient opt&#233; pour notre mod&#232;le agricole, les r&#233;serves de p&#233;trole seraient d&#233;j&#224; &#233;puis&#233;es. Si l'agriculture fran&#231;aise peut se permettre de consommer 3 unit&#233;s &#233;nerg&#233;tiques pour en produire 1, c'est parce que la France est un pays imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Penser que le quaternaire est le principal gisement d'emplois pour demain, c'est faire l'impasse sur les probl&#232;mes &#233;nerg&#233;tiques que risque de rencontrer l'agriculture. Avec l'augmentation des cours du p&#233;trole, puis sa rar&#233;faction, il n'est pas du tout certain que les gains de productivit&#233; obtenus dans le secteur agricole ne soient pas pour une grande partie remis en cause. Dans ce cas, de nombreux emplois seront n&#233;cessaires dans l'agriculture. Il n'est pas &#233;crit qu'&#224; l'avenir le quaternaire dominera les &#233;conomies. Ce serait probablement le cas, si l'agriculture et l'industrie continuaient &#224; produire en poursuivant les tendances actuelles, mais de nombreux signaux, dans le domaine de l'&#233;nergie et plus encore en ce qui concerne l'&#233;cologie1, montrent que ces tendances ne pourront se poursuivre sans dommages. On peut croire que la m&#233;canisation ne va pas s'arr&#234;ter, mais il n'est pas impossible qu'elle subisse quelques coups d'arr&#234;t pr&#233;judiciable &#224; l'&#233;difice que constitue l'&#233;conomie moderne. En ce sens, il n'est pas &#233;vident qu'&#224; l'avenir les pays riches aient besoin de moins en moins d'heures de travail pour fonctionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre ce probl&#232;me, l'av&#232;nement d'une &#233;conomie de services quaternaires est une aubaine pour le capitalisme qui doit cr&#233;er et d&#233;velopper de nouveaux domaines d'activit&#233; visant &#224; rendre payant ce qui &#233;tait gratuit. L'&#233;conomiste Michel Beaud2 explique que la dynamique majeure actuelle, c'est l'extension des rapports marchands et capitalistes &#224; presque tous les domaines : Ainsi, derri&#232;re les apparences d'un passage de l'industrie au tertiaire, le ph&#233;nom&#232;ne d&#233;cisif (...) est l'&#233;mergence d'un capitalisme g&#233;n&#233;ralis&#233;. L'emprise de l'&#233;conomie sur nos soci&#233;t&#233;s tend &#224; se doubler d'une emprise croissante du raisonnement &#233;conomique sur nos mentalit&#233;s, nos modes de penser et nos d&#233;cisions. &#233;crit-il. Le prix Nobel d'&#233;conomie Guy Becker, n'h&#233;site pas &#224; g&#233;n&#233;raliser le principe d'&#233;conomicit&#233; &#224; l'ensemble des relations familiales et propose une &#233;conomie du mariage, de la production domestique, de la fertilit&#233; voire de l'altruisme. Ce qui &#233;tait du domaine priv&#233; et semblait &#233;chapper au march&#233; peut d&#233;sormais faire l'objet de contrats r&#233;mun&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque la croissance doit &#234;tre &#233;ternelle3, la professionnalisation qui l'accompagne doit l'&#234;tre &#233;galement. A force de mon&#233;tariser, de professionnaliser et de transformer en emploi les rares activit&#233;s d'auto-production et de services, ne r&#233;duit-on pas jusqu'&#224; l'an&#233;antir l'espace o&#249; chaque personne se prend en charge, sapant ainsi les fondements de l'autonomie existentielle ? se demande Andr&#233; Gorz4. Combien de temps pourront r&#233;sister les fragiles barrages qui emp&#234;chent encore la professionnalisation de la maternit&#233; et de la paternit&#233; ? Les enfants sont d&#233;j&#224; en garderie et les a&#238;n&#233;s en centre d'accueil... La quaternisation de l'&#233;conomie n'est-elle pas une poursuite effr&#233;n&#233;e de la marchandisation du monde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est une autre question qui taraude les observateurs depuis quelques ann&#233;es : Si tous les salari&#233;s sont exploit&#233;s, qui consommera ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, tous les salari&#233;s ne sont pas exploit&#233;s. Selon Robert Reich5, la soci&#233;t&#233; actuelle est divis&#233;e en 4 cat&#233;gories :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les producteurs d'id&#233;es ou de symboles, qui ont le monde pour champs d'action,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les fonctionnaires,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les salari&#233;s dans les services aux personnes (restaurateurs, coiffeurs, femmes de m&#233;nages...)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les travailleurs routiniers dont les m&#233;tiers sont expos&#233;s au risque de d&#233;localisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re cat&#233;gorie qui repr&#233;sente 20% de la population active est la grande gagnante des mutations en cours et s'accapare plus de la moiti&#233; du PIB. Une minorit&#233; de la population est donc en mesure d'exploiter ou de se passer de la majorit&#233;. Ce que l'on constatait au niveau de la plan&#232;te (o&#249; 20% de la population disposait de 80% des richesses) peut d&#233;sormais s'appliquer, &#224; quelques nuances pr&#232;s, &#224; un pays comme les &#201;tats-Unis. Jusqu'&#224; maintenant l'&#233;conomie mondiale fonctionnait avec 20% de la population concentr&#233;e dans les pays industrialis&#233;es, il se peut que demain, ces 20% soient r&#233;partis de mani&#232;re plus &#233;quilibr&#233;e sur l'ensemble de la plan&#232;te6. Dans ces conditions, nous nous acheminerions vers une tiers-mondisation plut&#244;t, le quaternaire n'ayant pas les moyens d'&#234;tre financ&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui seront les consommateurs ? L'&#233;lite mondialis&#233;e suffit &#224; assurer les d&#233;bouch&#233;es dont a besoin cette nouvelle &#233;conomie. Rien qu'en Chine, 240 millions de personnes ont acc&#233;d&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es au statut de consommateur.7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tr&#232;s probable que le capitalisme version 4.0 ait du plomb dans l'aile avant son d&#233;collage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Philippe Lalik&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Attac 45&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Voir &#224; ce propos les calculs d'empreintes &#233;cologiques ou d'empreintes climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Auteur du Basculement du Monde. (La D&#233;couverte, Poche essais, 2000)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 Une &#233;conomie quaternaire aura la croissance qu'elle se donnera &#233;crit Prof D&#233;co.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Dans L'immat&#233;riel, connaissance, valeur et capital (Galil&#233;e, 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 Robert Reich The works of nations cit&#233; par Daniel Cohen dans Richesse et pauvret&#233; des nations p. 59. (Flammarion, 1998) Voir aussi les travaux de Peter Glotz cit&#233;s par Andr&#233; Gorz dans L'immat&#233;riel, connaissance, valeur et capital p. 89 et suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 C'est la th&#232;se que je d&#233;fend dans ma contribution intitul&#233;e Alors que l'avenir de l'esp&#232;ce humaine est en jeu, le r&#244;le d'attac n'est-il pas de concourir &#224; &#233;viter le pire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 Eliane Patriarca : Plan&#232;te &#224; la caisse (La Ligne d'Horizon n&#176;31/32, avril-mai 2004, p. 74)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le capitalisme version 4.0, par Prof D&#233;co (octobre 2004)</title>
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&lt;p&gt;Les mythes ont la peau dure : certains voudraient tellement pouvoir y croire... Croire et faire croire que poursuite par chacun de son int&#233;r&#234;t individuel m&#232;nerait &#224; l'int&#233;r&#234;t collectif, par exemple. Que cela aurait &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; depuis longtemps par la science &#233;conomique, et qu'on pourrait le g&#233;n&#233;raliser, alors, &#224; tous les domaines de la vie. Mais ce n'est qu'un dogme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il tient son origine dans un vieux texte, &#233;crit en 1776 par Adam Smith, le &#171; p&#232;re de l'&#233;conomie politique &#187; (dans Recherches...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://attac45.site.attac.org/spip.php?rubrique109" rel="directory"&gt;Les chroniques du Prof D&#233;co&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les mythes ont la peau dure : certains voudraient tellement pouvoir y croire... Croire et faire croire que poursuite par chacun de son int&#233;r&#234;t individuel m&#232;nerait &#224; l'int&#233;r&#234;t collectif, par exemple. Que cela aurait &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; depuis longtemps par la science &#233;conomique, et qu'on pourrait le g&#233;n&#233;raliser, alors, &#224; tous les domaines de la vie. Mais ce n'est qu'un dogme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il tient son origine dans un vieux texte, &#233;crit en 1776 par Adam Smith, le &#171; p&#232;re de l'&#233;conomie politique &#187; (dans Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations). Ainsi, un individu qui &#171; ne pense qu'&#224; son propre gain (...) est conduit par une main invisible &#224; remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions. [en cela], il travaille souvent d'une mani&#232;re bien plus efficace pour l'int&#233;r&#234;t de la soci&#233;t&#233; que s'il avait r&#233;ellement pour but d'y travailler. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est donc cet acteur int&#233;ress&#233; et universel ? &#171; Chaque individu met sans cesse tous ses efforts &#224; chercher, pour tout le capital dont il peut disposer, l'emploi le plus avantageux. &#187; Or, celui qui dispose d'un capital est un capitaliste au sens premier du terme. Il ne s&#8216;agit en aucun cas de tout un chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quel int&#233;r&#234;t collectif contribue-t-il ? En fait, par l'odeur du profit all&#233;ch&#233;s, d'autres capitalistes ont tent&#233; &#224; leur tour l'aventure. Et si les relations entre eux sont r&#233;gl&#233;es par une saine concurrence &#8211; car la main invisible est celle de la concurrence &#8211; celle-ci va rendre leurs agissements utiles d'une certaine mani&#232;re, seraient-ils de la derni&#232;re rapacit&#233;. Leurs app&#233;tits de profit les pousse &#224; produire efficacement, &#224; vendre au moindre prix, &#224; parfaire la qualit&#233; et la vari&#233;t&#233; de l'offre, et m&#234;me &#224; innover pour rester comp&#233;titifs. Ils se battent entre eux pour le bien du consommateur, dont le r&#232;gne commence ici. Le &#171; bien universel &#187; s'arr&#234;te l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Smith voulait croire &#224; cette &#171; convergence &#187; g&#233;n&#233;rale des int&#233;r&#234;ts ; il n'a montr&#233; que les vertus de la libert&#233; d'entreprendre et de la concurrence pour les consommateurs : baisse des prix, recherche perp&#233;tuelle de l'efficacit&#233; productive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, l'homme ne fait pas que le consommateur, il travaille aussi. Mais l&#224; &#231;a se g&#226;te. Pour Smith le salaire convergerait vers le minimum de &#171; subsistance &#187;, en passant par des crises o&#249; les salari&#233;s &#171; surnum&#233;raires &#187; devraient &#171; dispara&#238;tre &#187;, riante perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;LARGI &#192; NOS INT&#201;R&#202;TS R&#201;ELS, LE RAISONNEMENT LIB&#201;RAL S'AUTO-D&#201;TRUIT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses successeurs &#171; n&#233;o-classique &#187;, depuis la fin du XIX&#176; si&#232;cle, ont creus&#233; le sillon &#224; force d'&#233;quations herm&#233;tiques. Leur hypoth&#232;se centrale : la &#171; rationalit&#233; de l'acteur &#187;, qui ne suivrait toujours que son int&#233;r&#234;t. Admettons et illustrons : c'est &#171; mon int&#233;r&#234;t &#187; de rester le dimanche apr&#232;s-midi &#224; regarder un match de foot dop&#233;, parce que &#231;a m'int&#233;resse de savoir qui va gagner. C'est &#171; mon int&#233;r&#234;t &#187; de participer le dimanche apr&#232;s-midi &#224; un arrachage de ma&#239;s ogm, parce que &#231;a m'int&#233;resse que la nature ne devienne pas une poubelle g&#233;n&#233;tique. C'est m&#234;me un int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur. Il est o&#249;, &#171; mon int&#233;r&#234;t &#187; ? Sans ignorer la dimension parfois purement utilitaire des rapports humains, les y enfermer d&#233;finit l'enfer ici-bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;difice s'effrite aujourd'hui sous les progr&#232;s de la science &#233;conomique elle-m&#234;me : &#171; th&#233;or&#232;mes d'impossibilit&#233; &#187;, th&#233;orie des jeux (mon &#171; int&#233;r&#234;t &#187; est de signer un pacte de bonne conduite avec mon partenaire, notre int&#233;r&#234;t commun en sera grandi... puis de le trahir pour profiter du bien commun sans participer &#224; son co&#251;t ; r&#233;sultat : l'avanc&#233;e commune n'a jamais lieu, &#171; l'int&#233;r&#234;t &#187; individuel &#224; courte vue d&#233;truit l'int&#233;r&#234;t commun sup&#233;rieur, c'est le &#171; dilemme du prisonnier &#187;), invalidation par des v&#233;rifications &#233;conom&#233;triques, prise en compte de la concurrence r&#233;elle qui est imparfaite. Les ouvrages et articles de J. G&#233;n&#233;reux le racontent excellemment&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UNE &#201;CONOMIE QUATERNAIRE AURA LA CROISSANCE QU'ELLE SE DONNERA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Smith n'avait pas tort sur un autre point. Par la baisse des prix qu'il permet (cf. l'automobile, l'informatique) le syst&#232;me am&#233;liore le pouvoir d'achat, et il accro&#238;t comme jamais auparavant l'abondance d'objets consommables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ennui pour la p&#233;rennit&#233; de ce raisonnement est que le capitalisme industriel va finir. Demain il ne sera plus industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir quitt&#233; les champs, l'activit&#233; et l'emploi d&#233;laissent l'industrie, dont les effectifs baissent depuis 1975 en France, et aujourd'hui dans la quasi-totalit&#233; des pays riches et m&#234;me d&#233;j&#224; en Chine ! Et ils commencent d&#233;j&#224; &#224; reculer dans des activit&#233;s de service automatis&#233;es ou d&#233;localis&#233;es. Car l'efficacit&#233; productive du travail humain (la productivit&#233;) continue &#224; faire des bonds (gains de productivit&#233;). Le &#171; d&#233;versement &#187; se poursuit donc au sein des services, de ceux qui sont automatisables ou d&#233;localisables vers ceux qui ne le sont pas. L'avenir de l'emploi passe donc forc&#233;ment par la pr&#233;servation et le d&#233;veloppement du secteur &#171; quaternaire &#187;, qui regroupe les &#171; services purs &#187;, ceux o&#249; la prestation humaine est irrempla&#231;able, non m&#233;canisable, inautomatisable, et non d&#233;localisable car le prestataire et son client doivent &#234;tre pr&#233;sents. (suite de la page 9)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas pour un professeur ou un entra&#238;neur, un juge, un conseiller, un animateur ou un conducteur, un artisan, un artiste ou un cr&#233;atif. Un r&#233;parateur, un concepteur ou un vendeur. Un mana(d)geur ou un gardien. Supprimer l'humain dans ces activit&#233;s demeure un fantasme. Or, l'absence de m&#233;canisation autre que marginale ou ponctuelle chamboule la signification de la productivit&#233; et de ses gains, piliers du syst&#232;me industriel. Notre &#233;poque continue &#224; r&#233;fl&#233;chir sur un sch&#233;ma qui finit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple &#8211; &#231;a n'a rien d'un hasard &#8211; des services publics. Comment &#233;valuer pr&#233;cis&#233;ment &#171; de &#187; la s&#233;curit&#233;, &#171; de &#187; l'enseignement, &#171; de &#187; la sant&#233; &#8211; et comment &#233;talonner leur qualit&#233; ? &#8211; C'est pourquoi on &#233;value leur production &#224; leur co&#251;t. La sant&#233; produite par un h&#244;pital a pour valeur comptable le co&#251;t des b&#226;timents, des &#233;quipements, et pour l'essentiel les heures de travail des soignants. Seules la formation et l'organisation des services peuvent en am&#233;liorer l'efficacit&#233;, mais pas de mani&#232;re continue : quand une femme de m&#233;nage a 2 minutes 50 pour effectuer 17 op&#233;rations pr&#233;-d&#233;finies, son rendement (la quantit&#233; de biens ou de service produit par heure de travail) est au taquet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant sa productivit&#233; en valeur mon&#233;taire peut cro&#238;tre, sans m&#233;canisation ni r&#233;organisation : il faut et il suffit pour cela qu'elle soit r&#233;mun&#233;r&#233;e davantage. Ici, le salari&#233; co&#251;te ce qu'il produit et inversement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels obstacles emp&#234;chent la hausse de son salaire ? L'&#233;conomie n'est qu'un alibi, car aucune concurrence internationale n'explique qu'un livreur de pizzas soit 5 ou 10 fois moins pay&#233; qu'un agent immobilier. Le niveau de leurs revenus ne d&#233;pendent que de crit&#232;res internes &#224; la nation, des choix politiques et sociaux. &#171; Une soci&#233;t&#233; de services a les emplois qu'elle m&#233;rite &#187; (J. Gadrey). Si elle accepte que les plus bas salaires soient mis&#233;rables tandis que d'autres cumulent les avantages et &#233;chappent &#224; l'imp&#244;t, qu'il n'existe pas de protection sociale collective digne de ce nom, que les employeurs combattent les syndicats et ignorent le droit du travail impun&#233;ment, la fracture entre privil&#233;gi&#233;s et exclus ne peut que se creuser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a plus grave : si les bas salaires, les plus nombreux, baissent et restent faibles, la productivit&#233; y est faible &#233;galement. Mais cette fois-ci, il n'y a aucune baisse de prix &#224; esp&#233;rer qui doperait malgr&#233; tout le pouvoir d'achat. Les salari&#233;s des soci&#233;t&#233;s &#171; low costs &#187; voient leurs salaires et leur protection sociale sacrifi&#233;s au b&#233;n&#233;fice des clients. Mais si tous les salari&#233;s sont ainsi exploit&#233;s, qui consommera ? Pas les dirigeants domicili&#233;s dans des paradis fiscaux. Une soci&#233;t&#233; &#171; quaternaire &#187; aura la croissance qu'elle se donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bon exemple n'est pas &#224; l'ouest mais au nord, et il passe par l'&#201;tat. Les pays scandinaves2 ont des bas salaires &#233;lev&#233;s et des emplois de qualit&#233;, bien prot&#233;g&#233;s socialement et qualifi&#233;s. En Su&#232;de, les bas salaires sont de l'ordre de 10&#8364; de l'heure en 2002, &#224; comparer avec le smic fran&#231;ais &#224; 6,83&#8364; et le minimum f&#233;d&#233;ral &#233;tats-unien &#224; 5,15$ (5,3&#8364;). Les scandinaves acceptent de payer des pr&#233;l&#232;vements obligatoires (imp&#244;ts et cotisations sociales) plus &#233;lev&#233;s. R&#233;sultat : l'emploi public repr&#233;sente 38% des emplois en Su&#232;de contre 16% aux &#201;tats-Unis, avec tous les avantages aff&#233;rents : politique sociale efficace, forte &#233;galit&#233; hommes-femmes, beaucoup moins de pauvret&#233; et d'exclusion. Et moins de ch&#244;mage, 4,9% contre 6% en 2003 (FMI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la m&#233;canisation ne va pas s'arr&#234;ter. La croissance restant terne, l'&#233;conomie des pays riches aura par cons&#233;quent besoin de moins en moins d'heures de travail pour fonctionner. Hausse des salaires et r&#233;duction du temps de travail ne sont pas des archa&#239;smes. Ce sont les seules clefs de l'emploi qui resteront efficaces dans des &#233;conomies qui seront t&#244;t ou tard domin&#233;es par le secteur quaternaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me faux, le dogme des int&#233;r&#234;ts spontan&#233;ment convergents reste s&#233;duisant. Que chacun cultive son jardin, ex&#233;cute, restructure, consomme ...et tout cela s'&#233;quilibrera. Nul besoin de d&#233;battre, de se concerter, il n'y a qu'&#224; suivre la pente naturelle de ses int&#233;r&#234;ts, individuels au sens &#233;troit du terme. Ce mythe croise une autre tendance &#171; lourde &#187; de nos soci&#233;t&#233;s et c'est ce qui fait sa force, l'individualisme. Pas le positif qui nous &#233;panouit, le n&#233;gatif qui nous replie sur nous. Pour s'en sortir, Il faudra demain en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;% Prof D&#233;co % &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;profdeco@wanadoo.fr&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Les vraies lois de l'&#233;conomie, I et II, Seuil &lt;br class='autobr' /&gt;
2 Su&#232;de-&#201;tats-Unis, J. Gadrey, Alternatives &#233;co. n&#176;218, oct. 2003&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Des politiques &#233;conomiques path&#233;tiques, par Prof D&#233;co (&#233;t&#233; 2004)</title>
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		<dc:date>2004-07-10T15:27:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;MM. Seilli&#232;res et Jupp&#233; priv&#233;s de courant au matin, cela laisse un sourire au coin des l&#232;vres. Parce que trop souvent, et comme jamais sans doute dans l'histoire, l'argent et le pouvoir &#233;conomique se cachent et avancent masqu&#233;s. Leurs d&#233;tenteurs veulent en profiter personnellement mais &#233;chapper aux responsabilit&#233;s qu'ils conf&#232;rent. Profiter sans jamais assumer les cons&#233;quences &#233;ventuelles, c'est la &#8220;promesse&#8221; marketing, le mythe de la soci&#233;t&#233; de consommation. Qui sont les actionnaires de ST...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://attac45.site.attac.org/spip.php?rubrique109" rel="directory"&gt;Les chroniques du Prof D&#233;co&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;MM. Seilli&#232;res et Jupp&#233; priv&#233;s de courant au matin, cela laisse un sourire au coin des l&#232;vres. Parce que trop souvent, et comme jamais sans doute dans l'histoire, l'argent et le pouvoir &#233;conomique se cachent et avancent masqu&#233;s. Leurs d&#233;tenteurs veulent en profiter personnellement mais &#233;chapper aux responsabilit&#233;s qu'ils conf&#232;rent. Profiter sans jamais assumer les cons&#233;quences &#233;ventuelles, c'est la &#8220;promesse&#8221; marketing, le mythe de la soci&#233;t&#233; de consommation. Qui sont les actionnaires de ST microelectronics qui ont d&#233;cid&#233; de d&#233;localiser une usine rentable &#224; Singapour et de supprimer 600 emplois ? Qui niche dans les &#8220;paradis&#8221; fiscaux, chancres de la justice et de la d&#233;mocratie ? Alors pour une fois, imaginer Ernest-Antoine et Alain devant leur caf&#233; froid, le frigo &#224; vider et EDF-d&#233;pannage &#224; appeler...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est &#224; d'autres dogmes que cette chronique est consacr&#233;e : la pr&#233;tendue n&#233;cessit&#233; de la lutte contre l'inflation et le d&#233;ficit budg&#233;taire, la pr&#233;tendue politique du gouvernement &#8220;en faveur de l'emploi&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des constructions o&#249; l'emploi est perdant par construction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le &#8220;tournant de la rigueur&#8221;, 1983, l'ennemi n&#176;1 a chang&#233; de visage : c'est l'inflation qu'il faut traquer. Et on l'a combattue, d'abord avec succ&#232;s, puis avec un acharnement dogmatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme une lame de fonds, les chocs p&#233;troliers de 1973-74 et de 1979-80 ont pouss&#233; tous les prix vers le haut. Les entreprises se sont retrouv&#233;es coinc&#233;es entre des salaires maintenus ou en hausse -ils &#233;taient index&#233;s sur les prix pour garantir leur pouvoir d'achat et sur le SMIC pour garantir leur augmentation- et des co&#251;ts d'approvisionnement qui grimpaient. Bien s&#251;r elles se sont rattrap&#233;es en augmentant &#224; leur tour leurs prix de vente, mais en concurrence ce n'est pas la premi&#232;re solution qu'elles envisagent, sans parler de la perte de comp&#233;titivit&#233; pour le commerce ext&#233;rieur. La part des profits dans la valeur ajout&#233;e a donc baiss&#233; de 1974 &#224; 1984.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, quand les prix augmentent de 10 ou 15% l'an, une firme est comme une embarcation prise dans les rapides : elle pilote &#224; vue. L'investissement, qui est toujours un pari sur l'avenir, devient difficile. Il fallait donc enrayer l'inflation &#224; deux chiffres, pour calmer la course des prix et pour r&#233;tablir la part des profits. Mais pas pour leur accorder une part sup&#233;rieure &#224; ce qu'elle &#233;tait avant crise ni pour tomber &#224; une inflation quasi-nulle, deux caract&#233;ristiques historiquement sp&#233;cifiques des ann&#233;es 1990 et 2000 pour la France et l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs justifications ont &#233;t&#233; donn&#233;es &#224; ce revirement. On a d'abord &#8220;r&#233;habilit&#233; l'entreprise&#8221;. On a ensuite convoqu&#233; la &#8220;contrainte ext&#233;rieure&#8221;. Mais cette politique de remorque, qui s'an&#233;antit d'elle-m&#234;me d&#232;s qu'elle est men&#233;e &#224; plusieurs, peut rater l'arrimage &#224; une locomotive : les prix europ&#233;ens sont stables (en euros), mais les prix des &#201;tats-Unis (en dollars) baissent parce que la valeur du dollar baisse face aux autres monnaies. La prochaine machine &#224; broyer les salaires et &#224; d&#233;localiser se met en place : l'&#233;largissement de l'Union europ&#233;enne sans garanties sociales, sans harmonisation de l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s (nul par exemple en Lettonie), sans fonds structurels pour aider les nouveaux venus &#224; rattraper le peloton (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres motivations, moins visibles, n'ont pas &#233;t&#233; affich&#233;es politiquement. Lors d'une pouss&#233;e d'inflation, les d&#233;tenteurs de capital s'affolent : avec des actions ou un immeuble que je paye 200 aujourd'hui, que pourrai-je acheter demain si tous les prix flambent ? Les pr&#234;teurs aussi y perdent : s'ils ont pr&#233;t&#233; &#224; 5% et que les prix augmentent de 10%, le &#8220;taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;el&#8221; est n&#233;gatif (cas en 1974). On leur rembourse une somme qui permet d'acheter moins de choses... dont les prix ont augment&#233; plus vite que le taux de l'int&#233;r&#234;t. Tr&#232;s vite pourtant, ils ont tenu leur &#8220;revanche&#8221; : face &#224; l'inflation, les actionnaires ont exig&#233; des dividendes sup&#233;rieurs, les propri&#233;taires ont augment&#233; les loyers plus vite que l'indice des prix, les cr&#233;anciers ont pr&#234;t&#233; plus cher en incluant une &#8220;prime de risque&#8221; dans les taux. Mais cette &#8220;prime&#8221; n'a diminu&#233; que 5 &#224; 10 ans apr&#232;s que l'inflation a ralenti, car il a fallu &#8220;rassurer les march&#233;s&#8221;, garantir aux pr&#234;teurs que l'hydre serait toujours pourchass&#233;e. Lutter contre l'inflation c'est donc &#233;galement garantir les revenus du capital. Et recr&#233;er une caste de rentiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, la faible inflation est toujours associ&#233;e &#224; des p&#233;riodes de stagnation et de ch&#244;mage &#233;lev&#233;. Car si l'inflation forte est n&#233;faste, la trop faible aussi : les &#201;tats-Unis acceptent 3 &#224; 4% de hausse des prix par an sans que le ph&#233;nom&#232;ne ne s'emballe, et ils ont ainsi une croissance r&#233;guli&#232;rement sup&#233;rieure &#224; la n&#244;tre... et ils cr&#233;ent plus d'emplois. La BCE affiche un objectif officiel de 2% d'inflation par an... mais il faut savoir que la marge d'erreur dans le calcul de l'inflation dans l'Union europ&#233;enne est de... 2% ! L'inflation z&#233;ro est le fantasme ultime des cr&#233;anciers : les prix ne bougent plus, la valeur d'un capital ou d'une somme quelconque est garantie, &#8220;visible&#8221; ad vitam. Le calme plat d'un lac suisse. Une politique de vieux. La BCE a des vies cass&#233;es sur les mains. Aujourd'hui, m&#234;me Berlusconi et Sarkozy s'&#233;meuvent de son autisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour &#234;tre &#233;lu et r&#233;&#233;lu, il faut bien montrer &#224; l'opinion qu'on &#8220;agit&#8221;, qu'on fait tout ce qu'on peut... une fois qu'on y a renonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ils nomment politique leur absence de courage &#224; en mener une.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord en pr&#233;tendant stimuler la consommation sans augmenter les salaires. Apr&#232;s avoir essay&#233; l'endettement des m&#233;nages (ann&#233;es 1980), l'exhortation &#224; &#8220;reprendre confiance&#8221; et &#224; d&#233;s&#233;pargner pour consommer (Jupp&#233; 1995), on essaye aujourd'hui la baisse des prix via la grande distribution. Seul le premier artifice est efficace, mais il ne fonctionne qu'avec des taux qui demeurent tr&#232;s bas, et seulement un certain temps car &#224; la fin un m&#233;nage doit bien rembourser. C'est la principale hypoth&#232;que qui p&#232;se sur la reprise aux &#201;tats-Unis, tant les m&#233;nages y sont endett&#233;s. Le deuxi&#232;me est vain : ce ne sont pas les mots qui restaurent la confiance, ce sont les emplois et leur qualit&#233; - et le dernier est une pirouette : l'op&#233;ration, non renouvelable, a des effets indirects d&#233;l&#233;t&#232;res. Car les baisses de prix ne se feront pas au d&#233;triment des marges des hypers ni des entreprises qui les fournissent. L'exemple de Wal Mart aux &#201;tats-Unis est &#233;clairant. Le g&#233;ant &#233;crase les prix en &#233;crasant les salaires et la protection sociale (2), faisant tache d'huile sur les autres distributeurs, concurrence oblige. En battant les records : le PDG le plus riche du pays, 800.000 salari&#233;s (le plus gros employeur mondial), dont syndiqu&#233;s : z&#233;ro. Ce n'est pas ainsi que la consommation repartira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite en faisant semblant de relancer par le d&#233;ficit budg&#233;taire. La France et l'Allemagne laissent glisser leur d&#233;ficit budg&#233;taire au-del&#224; de 4%. Audacieuse n&#233;gation du pacte de stabilit&#233; ? Non, l'objectif est autre. Car un d&#233;ficit subi ne donne aucune impulsion, la croissance ne repartira donc pas, aggravant le d&#233;ficit par insuffisance des rentr&#233;es fiscales. En m&#234;me temps est tenu le discours sur &#8220;l'&#233;normit&#233;&#8221; de la dette publique. Pensez donc : 1 000 milliards d'euros ! Ah, certes : 6 milliards 559 millions 570.000 francs, cela eut fait un moins gros titre. C'est uniquement cela : un gros titre, une op&#233;ration de communication. En % du PIB, car c'est ce qui importe, rien de plus que d'ordinaire en cas de crise &#233;conomique, deux fois moins que l'Italie, trois fois moins que le Japon. Comment relancer sinon par un d&#233;ficit budg&#233;taire massif et temporaire, comme le font les &#201;tats-Unis, comme le font les Japonais, comme peuvent le faire l'Union europ&#233;enne ou ses membres en se coordonnant ? La r&#233;ponse est : il n'y pas de solution plus efficace connue pour relancer l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le privil&#232;ge de l'&#201;tat de pouvoir s'endetter en continu : lui ne meurt pas, sa vie ne finit pas. Il n'a aucun besoin de rembourser sa dette ni vocation &#224; la liquider. Il faut juste veiller &#224; ce que le &#8220;service de la dette&#8221; (int&#233;r&#234;ts et capital) n'accapare pas une part trop forte de son budget. A-t-on entendu le Medef s'inqui&#233;ter que la dette des entreprises fran&#231;aises repr&#233;sente quasiment 60% du PIB (57% fin 2002) ? Le d&#233;ficit est instrumentalis&#233; pour &#8220;affamer&#8221; l'&#201;tat : une fois dramatis&#233; l'enjeu, il ne reste plus qu'&#224; le d&#233;pecer de ses missions, cela appara&#238;t justifi&#233; et fatal. Privatiser, annuler les subventions aux associations, vendre la S&#233;cu, etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mieux : les salaires &#233;tant compress&#233;s, les salari&#233;s qui cotisent et payent l'imp&#244;t croient pouvoir gagner plus si on leur pr&#233;l&#232;ve moins. Autant de recettes publiques en moins, de services publics, de d&#233;veloppement durable, de r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s, etc. De quoi mener un politique avec l'assentiment des perdants. C'est la caract&#233;ristique des dogmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Prof D&#233;co&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Alternatives &#233;conomiques, mai 2004 &lt;br class='manualbr' /&gt;(2) hors-s&#233;rie &#8220;made in Bush&#8221; de courrier international, en kiosque, p.112&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Et l'emploi dans tout &#231;a ? - 2&#232;me volet : la politique europ&#233;enne en faveur de l'emploi n'existe pas (avril 2004)</title>
		<link>https://attac45.site.attac.org/spip.php?article253</link>
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		<dc:date>2004-05-18T09:44:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Le gouvernement est pr&#234;t &#224; laisser les entreprises d&#233;roger aux accords de branche, donc &#224; contourner le SMIC, &#224; abolir la notion de dur&#233;e l&#233;gale du travail. Il &#233;coute le medef pour ce qu'il n'est pas, un club d'&#233;conomistes &#233;clair&#233;s cherchant &#224; concilier les int&#233;r&#234;ts de tous pour l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, et non pour ce qu'il est, un lobby de chefs d'entreprises et pas les plus &#233;clair&#233;s, ne connaissant que leur int&#233;r&#234;t. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous comp&#233;titifs, tous en r&#233;cession. &lt;br class='autobr' /&gt;
De 1997 &#224; 2002 la France, scl&#233;ros&#233;e par...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://attac45.site.attac.org/spip.php?rubrique109" rel="directory"&gt;Les chroniques du Prof D&#233;co&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement est pr&#234;t &#224; laisser les entreprises d&#233;roger aux accords de branche, donc &#224; contourner le SMIC, &#224; abolir la notion de dur&#233;e l&#233;gale du travail. Il &#233;coute le medef pour ce qu'il n'est pas, un club d'&#233;conomistes &#233;clair&#233;s cherchant &#224; concilier les int&#233;r&#234;ts de tous pour l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, et non pour ce qu'il est, un lobby de chefs d'entreprises et pas les plus &#233;clair&#233;s, ne connaissant que leur int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tous comp&#233;titifs, tous en r&#233;cession.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1997 &#224; 2002 la France, scl&#233;ros&#233;e par ses &#034;handicaps structurels&#034; (le SMIC, les contrats de travail &#034;rigides&#034;, etc) a cr&#233;&#233; plus d'un million et demi d'emplois dont 300 &#224; 350.000 par les 35 heures. Le chemin de l'emploi existe, il passe par la croissance, les gains de productivit&#233; et la r&#233;duction de la dur&#233;e du travail. D'abord la croissance : lorsque le g&#226;teau grossit il faut plus de bras. Mais cela ne suffit pas, comme le montrent les actuelles reprises aux &#201;tats-Unis et au Japon qui se font sans cr&#233;ation d'emplois. S'il faut produire 5% de plus avec les nouveaux &#233;quipements produisant 5% de plus, l'emploi stagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or l'agriculture intensive et l'industrie r&#233;alisent depuis deux si&#232;cles des gains de productivit&#233; permanents par la m&#233;canisation et l'automatisation. Des services aussi sont concern&#233;s : le travail de bureau est en partie&lt;br class='autobr' /&gt;
informatisable (banque, assurance, s&#233;curit&#233; sociale, ...), et demain les logiciels &#224; reconnaissance vocale feront des d&#233;g&#226;ts dans les centres d'appel, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alors, le progr&#232;s technique contre l'emploi ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, sans aucun doute, il est fait pour &#231;a, pour produire moins cher en rempla&#231;ant le travail humain direct. Et c'est aussi un progr&#232;s : qui, aujourd'hui, ach&#232;terait une auto faite main ? recopierait des mailings au&lt;br class='autobr' /&gt;
stylo ? Tout d&#233;pend donc de la suite. Tout d'abord, une partie du gain va aux clients par la baisse des prix qui &#233;l&#232;ve leur pouvoir d'achat. Mais cela ne suffit pas &#224; la croissance. L'essentiel est que la productivit&#233; s'&#233;l&#232;ve : la richesse cr&#233;&#233;e disponible, la valeur ajout&#233;e, augmente pour chaque heure travaill&#233;e. Les salaires peuvent alors cro&#238;tre, et c'est la consommation qui tire la croissance. Le salaire socialis&#233; aussi (les cotisations ou &#034;charges&#034; sociales), qui finance la protection sociale et retourne donc aux salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une part r&#233;mun&#232;re la fourniture des services publics par l'&#201;tat. La part antagoniste de celle du salaire est celle des profits ; ils financent la modernisation, l'investissement -donc la m&#233;canisation suivante- et la r&#233;mun&#233;ration du capital. Tout est l&#224;, dans ce partage des richesses cr&#233;&#233;es. Quand la part des profits augmente trop, le syst&#232;me s'enlise, comme actuellement : les dividendes financent des placements, des bulles sp&#233;culatives, ou sont &#233;pargn&#233;s ; les investissements continuent &#224; &#233;lever la productivit&#233; du travail sans que la croissance aille aussi vite, faute de demande (int&#233;rieure et ext&#233;rieure, voir chronique 2). L'emploi est insuffisant et la crise s'enkyste, avec ses spirales n&#233;gatives : la S&#233;curit&#233; sociale (financ&#233;e chez nous par les salaires et non par l'imp&#244;t) devient d&#233;ficitaire, l'Unedic idem, les probl&#232;mes sociaux enflent, gangrenant la vie sociale et politique. Et les lib&#233;raux sonnent l'halali contre les exclus assist&#233;s, les ch&#244;meurs qui se pr&#233;lassent, les jeunes qui d&#233;raillent, la s&#233;cu et les salaires toujours trop chers. Et cetera jusqu'&#224; d&#233;clarer la guerre aux pauvres et aux d&#233;viants sans leur offrir d'alternative : tol&#233;rance z&#233;ro, arr&#234;ts antimendicit&#233;, RMA (comme un CES mais dans le priv&#233; : 20h par mois pay&#233;es au SMIC, subventionn&#233; &#224; 75% pour l'employeur, de 6 &#224; 18 mois, sans obligation de formation ni d'embauche) (1) : il faut &#034;punir les pauvres&#034; (2) pour cacher la mis&#232;re que le syst&#232;me, qui la cr&#233;e, reste &#034;vendable&#034; aux &#233;lecteurs. Ce n'est pas le progr&#232;s technique qui est n&#233;faste, c'est l'usage qui est fait de ses dividendes qui peut l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas la croissance seule qui importe, c'est son &#233;cart avec les gains de productivit&#233;. Et sur long terme, cela fait des diff&#233;rences : pour fonctionner ; les &#201;tats-Unis avaient besoin de 115 milliards d'heures de travail en 1950, de 214 en 1998 : +86% ; la France a utilis&#233; 37,9 milliards d'heures en 1950, 34,1 en 1998 : -10% (3). La croissance procure deux g&#226;teaux, l'un qui grossit, l'autre qui peut diminuer. Sans r&#233;duction du temps de travail, la France aurait d&#233;truit 2 millions d'emplois sur la p&#233;riode, elle en a cr&#233;&#233; 3 millions ; les &#201;tats-Unis en auraient cr&#233;&#233; 53 au lieu de 71, soit 18 millions de ch&#244;meurs en sus des 8,5 actuels. (d'apr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
OCDE, op. Cit.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, o&#249; va l'emploi ? Il est progressivement chass&#233; des activit&#233;s m&#233;canis&#233;es et automatis&#233;es vers celles qui ne le sont pas ou peu, les activit&#233;s non-m&#233;canisables. Il s'agit des t&#226;ches o&#249; l'intervention humaine directe est irrempla&#231;able, en tout cas dans l'&#233;tat actuel des technologies : services directs aux personnes, artisans (coiffure, m&#233;tiers d'art et de bouche, b&#226;timent, etc), chauffeurs, conseillers divers, soignants, enseignants, formateurs, cr&#233;atifs, dessinateurs, vendeurs, animateurs, personnels de la justice, des forces de l'ordre, de la sant&#233;, etc. L'avenir de l'emploi est l&#224;. Or une particularit&#233; d&#233;coule de leur degr&#233; faible ou nul de m&#233;canisation : leur &#034;productivit&#233;&#034; mesure aussi le revenu de leur prestataire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons un professeur de chant : ce qu'il produit (de l'enseignement) se mesure par la valeur ajout&#233;e qu'il d&#233;gage en une heure de travail. Mais cette d&#233;finition est aussi celle de la productivit&#233; horaire. Peut-il produire plus efficacement ? Oui, en am&#233;liorant sa p&#233;dagogie sans doute, mais sa productivit&#233; mesur&#233;e d&#233;pend de ce qu'il est pay&#233; pour une heure de cours. Son revenu correspond presque exactement &#224; sa &#034;productivit&#233;&#034; : le salari&#233; co&#251;te ce qu'il produit et inversement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement de perspective impose de porter un regard neuf sur les prix et les revenus. Ils d&#233;pendent ici des situations concurrentielles (rapports de force clients/prestataires) mais aussi de choix et d'usages sociaux, de r&#232;glements, de compromis historiques, de la fiscalit&#233;, et pour les plus modestes, des conditions l&#233;gales d'emploi, salaire minimal et cotisations sociales. La m&#233;canisation et la concurrence internationale n'interf&#232;rent que marginalement, tous ces &#233;l&#233;ments sont &#233;labor&#233;s collectivement au sein de la nation ou de l'ensemble &#233;conomique significatif, pour nous l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une soci&#233;t&#233; de services a les emplois qu'elle m&#233;rite (J. Gadrey)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'avenir, la quantit&#233; et la qualit&#233; de nos emplois d&#233;pendra chaque jour davantage de nos choix sociaux, de notre consentement &#224; r&#233;mun&#233;rer d&#233;cemment ou non, nos concitoyens. La question des salaires et de la dur&#233;e du travail, qui en est un autre aspect, vont devenir centrales. Il faut lire, pour comprendre &#224; quoi ressemblent les deux termes de l'alternative, l'excellent et synth&#233;tique article de J. Gadrey publi&#233; dans Alternatives &#233;conomiques n&#176;218 d'octobre 2003, p. 68 &#224; 71 : soit une soci&#233;t&#233; o&#249; le travail est reconnu, d&#233;cemment pay&#233;, les salari&#233;s intens&#233;ment form&#233;s pour ne pas sombrer en cas de ch&#244;mage. Cela signifie des pr&#233;l&#232;vements obligatoires plus &#233;lev&#233;s que chez nous actuellement, des emplois publics plus d&#233;velopp&#233;s (mais dans des services publics assouplis et r&#233;form&#233;s), moins d'in&#233;galit&#233;s. Soit un une soci&#233;t&#233; toujours plus in&#233;gale, toujours plus dure avec les d&#233;favoris&#233;s, forc&#233;s de travailler pour &#234;tre -chichement- aid&#233;s (workfare) tout en restant pauvres (working poors), o&#249; les riches emploient les autres comme domestiques, o&#249; la s&#233;gr&#233;gation spatiale et sociale fracture l'espace entre ghettos et quartiers r&#233;serv&#233;s, o&#249; les pr&#233;l&#232;vements obligatoires sont faibles, avec l'illusion d'optique de payer moins pour la protection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand un &#201;tats-unien paye moins de cotisations sociales, son revenu net est sup&#233;rieur. Et comment croyez-vous qu'il assure la sant&#233; des siens ? qu'il pr&#233;pare sa retraite ? Il cotise de mani&#232;re libre aupr&#232;s d'assurances et de fonds de retraites priv&#233;s : une &#034;libert&#233;&#034; et un individualisme tr&#232;s co&#251;teux. Parce que les pr&#233;tendus gains d'efficacit&#233; g&#233;n&#233;r&#233;s par le passage du public au priv&#233; s'av&#232;rent maigres : ces activit&#233;s sont non-m&#233;canisables, il ne reste alors que l'organisation, les salaires et la &#034;motivation&#034; pour r&#233;duire les co&#251;ts : en quoi un professeur, une infirmi&#232;re ou un m&#233;decin sont-ils meilleurs si menac&#233;s de licenciement et pay&#233;s &#034;au m&#233;rite&#034; ? Quelle est leur &#034;productivit&#233;&#034; ? Par contre des profits consistants sont d&#233;sormais pr&#233;lev&#233;s sur les cotisations. Cela co&#251;te enfin des millions d'exclus de la couverture sociale (40 aux &#201;U).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dogmes lib&#233;raux nous m&#232;nent droit dans le mur de la d&#233;flation et des fl&#233;aux sociaux, de la zone euro vers une euro &#034;zone&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Prof D&#233;co, profdeco@wanadoo.fr&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) HS Alternatives &#233;conomiques n&#176;60, l'&#233;tat de l'&#233;conomie 2004, p. 28-29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Lo&#239;c Wacquant, Agones, &#224; para&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) L'&#233;conomie mondiale, OCDE 2001, p.366.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Et l'emploi dans tout &#231;a ? - 1er volet : La baisse des salaires est une impasse, par Prof D&#233;co (f&#233;vrier 2004)</title>
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		<dc:date>2004-03-11T19:08:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Insuffisance des emplois cr&#233;&#233;s, pr&#233;carit&#233; qui s'immisce, ch&#244;mage qui dure, m&#234;me maquill&#233; statistiquement : le mal est profond. Il p&#232;se sur l'&#233;conomie mais ronge la soci&#233;t&#233; et corrode le lien social et notre mod&#232;le de protection sociale publique, qui l'exprime en bonne partie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fort heureusement, on conna&#238;t la solution. C'est une chanson. Enfin, une rengaine. Chant&#233;e par un choeur &#224; plusieurs voix, o&#249; se m&#234;lent les t&#233;nors-m&#233;d&#233;fiens (qui n'ont jamais mis le pied dans un atelier, voire une...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://attac45.site.attac.org/spip.php?rubrique109" rel="directory"&gt;Les chroniques du Prof D&#233;co&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Insuffisance des emplois cr&#233;&#233;s, pr&#233;carit&#233; qui s'immisce, ch&#244;mage qui dure,&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me maquill&#233; statistiquement : le mal est profond. Il p&#232;se sur l'&#233;conomie&lt;br class='autobr' /&gt;
mais ronge la soci&#233;t&#233; et corrode le lien social et notre mod&#232;le de&lt;br class='autobr' /&gt;
protection sociale publique, qui l'exprime en bonne partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort heureusement, on conna&#238;t la solution. C'est une chanson. Enfin, une&lt;br class='autobr' /&gt;
rengaine. Chant&#233;e par un choeur &#224; plusieurs voix, o&#249; se m&#234;lent les&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#233;nors-m&#233;d&#233;fiens (qui n'ont jamais mis le pied dans un atelier, voire une&lt;br class='autobr' /&gt;
entreprise, ni v&#233;cu au SMIC), les basses-banquiers centraux-dissonants, qui&lt;br class='autobr' /&gt;
ralentissent toute la partition et s'obstinent &#224; la tirer vers le bas, et&lt;br class='autobr' /&gt;
quelques contre-alto-&#233;conomistes, aussi d&#233;nommables homo &#233;conomicus (1). Sur&lt;br class='autobr' /&gt;
le ch&#244;mage, le refrain qu'ils entonnent est le m&#234;me depuis l'aube du&lt;br class='autobr' /&gt;
capitalisme : &#034;c'est la faute des salaires : trop hauts ! des charges&lt;br class='autobr' /&gt;
sociales, trop lourdes ! des salari&#233;s : crisp&#233;s sur leurs acquis et qui&lt;br class='autobr' /&gt;
refusent de bosser !&#034;. La faute aux victimes, en somme des dogmes bien&lt;br class='autobr' /&gt;
pratiques. Mais des dogmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie standard et dominante l'affirme pourtant : il faut baisser les&lt;br class='autobr' /&gt;
salaires pour r&#233;duire le ch&#244;mage. Elle se trompe et nous trompe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dogme de d&#233;part, quelles que soient les pr&#233;cautions de langage, est de&lt;br class='autobr' /&gt;
consid&#233;rer le travail (celui &#034;qu'offrent&#034;=vendent les salari&#233;s et que&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;demandent&#034;=ach&#232;tent les employeurs) comme un produit comme les autres, une&lt;br class='autobr' /&gt;
marchandise. Il faut alors d&#233;montrer que son &#034;march&#233;&#034; suit les m&#234;mes lois :&lt;br class='autobr' /&gt;
son &#034;prix&#034; doit agir sur l'offre et sur la demande. Quand le prix des&lt;br class='autobr' /&gt;
tomates baisse on en &#034;demande&#034; plus (=fonction d&#233;croissante du prix). On&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;laisse les concombres. Et les tomatoculteurs (j'insiste) sont pr&#234;ts du&lt;br class='autobr' /&gt;
coup &#224; en &#034;offrir&#034; moins (= fonction croissante du prix) par ce que &#231;a&lt;br class='autobr' /&gt;
rapporte moins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela donne - notez le subtil glissement de la tomate au bip&#232;de humano&#239;de -&lt;br class='autobr' /&gt;
pour le travailleur : &#034;si le salaire horaire (le &#034;taux de salaire&#034;) baisse,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#231;a m'int&#233;resse moins : &#224; ce tarif-l&#224;, &#034;j'arbitre&#034; pour moins de travail et&lt;br class='autobr' /&gt;
plus de... mettons de &#034;loisir&#034; : la p&#234;che. Au pire, je me mets ch&#244;meur&#034;, se&lt;br class='autobr' /&gt;
dit-il. On vous l'avait dit : le ch&#244;mage c'est volontaire ! &#034;c'est leur&lt;br class='autobr' /&gt;
choix&#034;, reprend le choeur mezzo voce. Sauf que ledit salari&#233; pourrait se dire&lt;br class='autobr' /&gt; : &#034;&#224; ce tarif-l&#224;, faut que j'aligne plus d'heures, parce que sinon mon&lt;br class='autobr' /&gt;
salaire mensuel choit. Et en plus, la p&#234;che, j'aime pas&#034;. Et l&#224;, l'hypoth&#232;se&lt;br class='autobr' /&gt;
a mal : la baisse du taux de salaire accro&#238;t l'offre de travail. Un&lt;br class='autobr' /&gt;
effet-revenu, cela s'appelle : c'est moins sexy que l'effet-salaire, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;conomie ne montre jamais le bas. C'est ce qui s'est pass&#233; aux &#201;tats-Unis&lt;br class='autobr' /&gt;
depuis les ann&#233;es 1980 : pour compenser la baisse du pouvoir d'achat des&lt;br class='autobr' /&gt;
revenus horaires bas et moyens, les salari&#233;s qui le peuvent cumulent&lt;br class='autobr' /&gt;
plusieurs emplois : leur dur&#233;e du travail a remont&#233; pour sauvegarder leur&lt;br class='autobr' /&gt;
revenu.&lt;br class='autobr' /&gt;
C&#244;t&#233; demande, le choeur s'accroche &#224; trois couplets, repris ad libitum : si&lt;br class='autobr' /&gt;
le travail est moins cher c'est promis on m&#233;canisera moins / avec les&lt;br class='autobr' /&gt;
profits on investira et &#231;a fera des emplois / &#231;a nous dopera les&lt;br class='autobr' /&gt;
exportations, et alors, qu'est-ce qu'on produira ! Final, poco, diminuando :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;et les ch&#244;meurs on embauchera...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des lendemains qui chantent. Mais demain c'est loin. (IAM)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier couplet : le co&#251;t du travail r&#233;duit, par les salaires ou les&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;charges&#034; (=une moindre protection sociale), les firmes devraient moins&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;caniser, moins &#034;substituer du capital au travail&#034;. Sauf que : quand le but&lt;br class='autobr' /&gt;
supr&#234;me assign&#233; &#224; la firme est de &#034;cr&#233;er (2) de la valeur pour&lt;br class='autobr' /&gt;
l'actionnaire&#034;, la baisse des salaires est juste une bonne nouvelle : &#231;a&lt;br class='autobr' /&gt;
n'emp&#234;che en rien de m&#233;caniser et de restructurer, &#231;a va dans le m&#234;me sens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, une bonne nouvelle : d'ailleurs souvent les actions montent, elles&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;prennent de la valeur (!)&#034;, &#224; cette occasion. Il n'y a pas de limite &#224; la&lt;br class='autobr' /&gt;
captation (et non &#224; la &#034;cr&#233;ation&#034;) de la valeur au profits des profits et&lt;br class='autobr' /&gt;
des dividendes. Parfois, la mondialisation est brandie en renfort. Mais les&lt;br class='autobr' /&gt;
multinationales payent-elles mieux les salari&#233;s du bout du monde 5 ou 20&lt;br class='autobr' /&gt;
moins chers que les salari&#233;s d'ici ? Absolument pas. Et elles limitent leur&lt;br class='autobr' /&gt;
nombre au strict minimum en m&#233;canisant &#224; l'identique d'ici. Car le but&lt;br class='autobr' /&gt;
premier est d'&#233;lever la rentabilit&#233; des capitaux en sacrifiant le travail&lt;br class='autobr' /&gt;
par tous les moyens : salaires ET emplois ET protection sociale ET heures&lt;br class='autobr' /&gt;
suppl&#233;mentaires non pay&#233;es ET d&#233;localisations sans progr&#232;s social accord&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et cetera. R. Beaujolin (Les vertiges de l'emploi, 1998) a montr&#233; que les&lt;br class='autobr' /&gt;
dirigeants m&#233;canisent aussi parfois uniquement &#034;pour rester dans le coup&#034;,&lt;br class='autobr' /&gt;
sans aucune n&#233;cessit&#233; comp&#233;titive. Par simple comportement mim&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me couplet : avec moins de salaires &#224; payer, les profits montent - ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qui est acquis, en tout cas au d&#233;but -, et les firmes vont investir et ainsi&lt;br class='autobr' /&gt;
cr&#233;er des emplois. Mais si les entreprises peuvent alors investir plus&lt;br class='autobr' /&gt;
facilement, le feront-elles ? Il est un second d&#233;terminant : elles&lt;br class='autobr' /&gt;
n'investissent que lorsqu'elles en ont besoin, c'est-&#224;-dire si la demande&lt;br class='autobr' /&gt;
(ici la consommation) est au rendez-vous. Et en baissant les salaires, sauf&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; laisser les m&#233;nages s'endetter au-del&#224; du sens&#233; comme l'ont fait les&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tats-Unis, la consommation n'est pas au rendez-vous. Alors, il y a des&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;fuites&#034; : avec leurs profits - historiquement &#233;lev&#233;s - elles placent (3),&lt;br class='autobr' /&gt;
elles se rach&#232;tent &#224; prix d'or, elles servent &#224; leurs dirigeants, efficaces&lt;br class='autobr' /&gt;
ou notoirement incomp&#233;tents, des revenus et indemnit&#233;s parfaitement&lt;br class='autobr' /&gt;
ind&#233;cents. En un mot, elles flambent. Et quand elles investissent&lt;br class='autobr' /&gt;
effectivement, elles le font d'abord pour se moderniser, pour &#233;lever la&lt;br class='autobr' /&gt;
productivit&#233;. Et si la demande-consommation augmente lentement, donc moins&lt;br class='autobr' /&gt;
vite que la productivit&#233;, l'emploi recule. Elles n'augmentent la&lt;br class='autobr' /&gt;
productivit&#233; ET l'emploi que lorsque la croissance est rapide, plus que les&lt;br class='autobr' /&gt;
gains de productivit&#233;, qui eux sont recherch&#233;s en permanence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me couplet : Avec une baisse du co&#251;t des salaires &#224; verser, les prix&lt;br class='autobr' /&gt;
des produits pourront baisser aussi, ou ne pas augmenter. Et du coup on va&lt;br class='autobr' /&gt;
battre les produits &#233;trangers : ailleurs nos exportations grimperont, ici&lt;br class='autobr' /&gt;
nos importations diminueront. Sauf que : si nos partenaires commerciaux font&lt;br class='autobr' /&gt;
de m&#234;me, ce qui est le cas en Europe, &#231;a ne sert &#224; rien. C'est en fait&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;cart d'inflation qui compte, pas son niveau. Ensuite, entre une auto&lt;br class='autobr' /&gt;
fran&#231;aise abonn&#233;e au garage et une nippone fiable, le prix est un crit&#232;re de&lt;br class='autobr' /&gt;
choix second : pour les produits &#233;labor&#233;s que nous &#233;changeons, le prix n'est&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'un crit&#232;re, souvent loin derri&#232;re la &#034;qualit&#233;&#034; au sens large : fiabilit&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
SAV, options, style, cr&#233;dit associ&#233;, image, r&#233;putation, voire magouilles&lt;br class='autobr' /&gt;
d'arri&#232;re-boutiques pour les gros contrats. Sans parler des produits que&lt;br class='autobr' /&gt;
nous continuerons &#224; importer parce qu'on ne les produit pas : p&#233;trole,&lt;br class='autobr' /&gt;
ordinateurs, ... &lt;br class='autobr' /&gt;
Codicille du 3&#232;me couplet, larmoso : &#034;mais avec ces &#034;charges&#034;, nul ne&lt;br class='autobr' /&gt;
viendra s'&#233;tablir chez nous et y cr&#233;er des emplois !&#034; Devinette : en 2003,&lt;br class='autobr' /&gt;
quel est le 2&#232;me pays au monde pour le montant des investissements &#233;trangers&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;accueillis&#034;, derri&#232;re la Chine ? Un pays &#233;cras&#233; par l'imp&#244;t, accabl&#233; par&lt;br class='autobr' /&gt;
les tracasseries et les charges sociales : la France. Parce que rien ne se&lt;br class='autobr' /&gt;
perd : les sommes mises dans les financements publics procurent des services&lt;br class='autobr' /&gt;
collectifs de qualit&#233; dont tout le monde b&#233;n&#233;ficie ensuite gratuitement ou &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
co&#251;t faible, m&#234;me une entreprise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Reprenons : si les salaires baissent, les salari&#233;s voudront travailler plus&lt;br class='autobr' /&gt;
pour maintenir leur niveau de vie. Dans le capitalisme actionnarial, nouveau&lt;br class='autobr' /&gt;
canon du capitalisme, la m&#233;canisation est recherch&#233;e pour accro&#238;tre la&lt;br class='autobr' /&gt;
rentabilit&#233; du capital, sans limite. Les profits d'aujourd'hui ne feront pas&lt;br class='autobr' /&gt;
forc&#233;ment les investissements de demain lesquels ne feraient de toute fa&#231;on&lt;br class='autobr' /&gt;
pas forc&#233;ment les emplois d'apr&#232;s-demain. La comp&#233;titivit&#233; d&#233;pend du prix... pour les produits bas de gamme que nous ne produirons jamais au prix des&lt;br class='autobr' /&gt;
pays qui sortent du sous-d&#233;veloppement ; pour les autres, que nous&lt;br class='autobr' /&gt;
produisons, le prix est second.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La baisse des salaires ne cr&#233;e pas d'emplois, elle cr&#233;e des travailleurs&lt;br class='autobr' /&gt;
pauvres et met la croissance en berne. C'est une politique indigne de grands&lt;br class='autobr' /&gt;
pays : en &#233;touffant le pouvoir d'achat, le seul moteur de la croissance&lt;br class='autobr' /&gt;
devient les exportations, qui d&#233;pendent de la croissance des autres. Une&lt;br class='autobr' /&gt;
politique de remorque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc bien un dogme : tous y perdent, sauf ceux qui l'&#226;nonnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Prof D&#233;co&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Homo &#233;conomicus reductibus encephalis et humanitae, de son nom complet :&lt;br class='autobr' /&gt;
individu qui ram&#232;ne tout &#224; l'argent, reniant toute trace d'intelligence plus&lt;br class='autobr' /&gt;
large de la r&#233;alit&#233; et r&#233;futant tout humanisme.&lt;br class='manualbr' /&gt;(2) &#034;cr&#233;er&#034; !&lt;br class='manualbr' /&gt;(3) Parler d'&#034;investissements&#034; financiers est une perversion du langage, car&lt;br class='autobr' /&gt;
cela ne cr&#233;e aucune richesse nouvelle : achetez un immeuble, une toile et 50&lt;br class='autobr' /&gt;
actions pour les revendre plus cher. Quand ils vaudront le double, il n'y&lt;br class='autobr' /&gt;
aura toujours qu'un immeuble, une toile et 50 actions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La r&#233;cession est au coin de la rue, par prof D&#233;co (d&#233;cembre 2003)</title>
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		<dc:date>2003-12-11T19:08:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;En ma qualit&#233; de prof D&#233;co, j'aspire &#224; ce que le fil de ces chroniques soul&#232;ve, au moins par endroits, le voile qui rend opaques et obscurs les faits &#233;conomiques. Voile tendu, parfois intentionnellement, afin que le simple citoyen ne retienne que quelques phrases toutes faites, simplismes qui sonnent bien parce qu'ils d&#233;voient de vrais probl&#232;mes et contiennent donc des mots forts, des mots-clefs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces maximes tiennent de la croyance religieuse, et elles en sont en un sens, c'est pour cela...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://attac45.site.attac.org/spip.php?rubrique109" rel="directory"&gt;Les chroniques du Prof D&#233;co&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;En ma qualit&#233; de prof D&#233;co, j'aspire &#224; ce que le fil de ces chroniques soul&#232;ve, au moins par endroits, le voile qui rend opaques et obscurs les faits &#233;conomiques. Voile tendu, parfois intentionnellement, afin que le simple citoyen ne retienne que quelques phrases toutes faites, simplismes qui sonnent bien parce qu'ils d&#233;voient de vrais probl&#232;mes et contiennent donc des mots forts, des mots-clefs.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ces maximes tiennent de la croyance religieuse, et elles en sont en un sens, c'est pour cela qu'elles nous parlent : nous avons &#171; soif d'id&#233;al &#187; comme le chante Souchon, besoin d'horizon pour avancer. Mais il en est d'autres que ceux que nous sert le pr&#234;t-&#224;-penser d'un capitalisme lib&#233;ral dominant mais malade.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques unes de ces antiennes qu'attaqueront ces chroniques : &#171; le d&#233;ficit budg&#233;taire est n&#233;faste, et l'inflation plus encore, qu'il faut combattre toujours &#187; ; &#171; le travail tu ch&#233;riras, les 35 heures tu honniras. &#187; ; &#171; Le ch&#244;mage est un p&#233;ch&#233;, celui des ch&#244;meurs qui refusent de travailler. &#187; ; &#171; L'int&#233;r&#234;t individuel m&#232;ne &#224; l'int&#233;r&#234;t collectif. &#187; ; &#171; l'&#201;tat et ses fonctionnaires tu attaqueras, car nous payons, tous, trop d'imp&#244;ts. &#187;, &#171; L'exc&#233;dent commercial est un objectif juste. &#187; Chacun a pu y croire, d'ailleurs. Et alors il se trompe ou il est tromp&#233;, car il ne s'agit pas de v&#233;rit&#233;s mais de dogmes : des croyances qui arrangent ceux qui veulent que les autres y croient.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attaquons, pour cette chronique initiale, la crise et l'&#233;chec de nos gouvernants &#224; nous en sortir. La crise, c'est d'abord la &#8220;faiblesse&#8221; de la croissance. Faiblesse relative car conforme sur les 30 derni&#232;res ann&#233;es &#224; la moyenne qu'elle a suivi depuis l'aube du capitalisme, 2 &#224; 2,5% par an. C'est d&#233;j&#224; beaucoup, nous en reparlerons. Mais insuffisante pour pouvoir, comme lors des 30 glorieuses, alimenter &#224; la fois l'emploi et la r&#233;duction du temps de travail, les salaires et la protection sociale donc la consommation, les profits, donc les investissements, et les imp&#244;ts, donc les d&#233;penses publiques. La croissance, c'est le confort du gouvernant, sa r&#233;&#233;lection, son Graal. Mais de croissance, point, par ces temps : 2003 sera, pour la France, la troisi&#232;me plus mauvaise ann&#233;e depuis 1945, apr&#232;s 1975 (-0,3%) et 1993 (-1%) ; le PIB (= la richesse produite = les revenus disponibles) devrait cro&#238;tre de 0,2%, en 2003. Et 2004 pourrait &#234;tre de la m&#234;me eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux &#233;cueils peuvent &#234;tre d&#233;sign&#233;s : l'insuffisance de la production, c'est-&#224;-dire une offre brid&#233;e faute de profits et donc d'investissements, ou l'insuffisance de la demande. Apr&#232;s un d&#233;but de crise (choc p&#233;trolier) qui a p&#233;nalis&#233; les profits, le capitalisme a r&#233;agi en privil&#233;giant... le capital : le salaire horaire r&#233;el a baiss&#233; de 1976 &#224; 1995 aux &#201;tats-Unis. L'Europe l'a fait plus tard - la France a &#8220;choisi la rigueur&#8221; en 1983 - mais en allant plus loin : aujourd'hui la part des salaires dans la valeur ajout&#233;e est plus faible de ce c&#244;t&#233;-ci de l'Atlantique, et celle des profits plus forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc la demande insuffisante qui produit une croissance atone. D'o&#249; provient la demande ? D'abord de la consommation des m&#233;nages, qui en constitue le premier et le plus gros des moteurs. Salaires, emploi, confiance qui permet de moins &#233;pargner, les conditions en sont &#233;videntes, autant qu'il est &#233;vident que ce n'est pas la voie choisie depuis le d&#233;but de la crise : face &#224; une rupture de la croissance, le capitalisme sacrifie le travail et/ou l'emploi. Aujourd'hui, si la croissance &#233;tats-unienne reprend, c'est &#224; cr&#233;dit. L'endettement des m&#233;nages est colossal, puisque la dette du m&#233;nage moyen repr&#233;sente 115% d'une ann&#233;e de revenu. La banque centrale (&#171; Fed &#187;) agit pour que le cr&#233;dit reste bon march&#233;, mais le poids atteint par l'endettement des m&#233;nages est une menace durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, faute de consommation, on parie sur le deuxi&#232;me moteur, les exportations. D&#232;s lors que nos partenaires commerciaux ont une croissance soutenue, ils importent des produits, que nous exportons alors vers eux. Ainsi les &#201;tats-Unis (m&#233;nages, entreprises, &#201;tat) nous empruntent-ils notre &#233;pargne pour nous acheter des biens et services. Mais l'effet n'est pas garanti. Par exemple, l'&#233;ventuelle reprise aux USA ne nous profitera pas si le dollar continue &#224; baisser face &#224; l'euro : nos produits seront trop chers face aux leurs et ne se vendront pas. C'est par contre ce qui est peut-&#234;tre en train de permettre au Japon de sortir de sa langueur, par ses exportations massives vers la Chine. Las, vivre ainsi &#8220;&#224; la remorque&#8221; des autres pays n'est pas digne de grandes nations, qui ont en elles toutes les ressources n&#233;cessaires &#224; une croissance plus forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me moteur, l'investissement, d&#233;pend des deux premiers et du co&#251;t du cr&#233;dit. Mais il est aussi en partie autonome, dans sa composante des investissements publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit &#224; Keynes d'avoir explicit&#233; les m&#233;canismes de la relance : l'&#201;tat doit accro&#238;tre ses d&#233;penses (ex : grands travaux), passant alors en d&#233;ficit budg&#233;taire, et faire baisser les taux d'int&#233;r&#234;t pour rendre le cr&#233;dit bon march&#233;. Ainsi les entreprises produisent pour les commandes publiques et embauchent. Comme les m&#233;nages, elles peuvent s'endetter facilement, pour consommer et investir. C'est ce que font les &#201;tats-Unis depuis 2 ans, le Japon depuis plus de 10 ans : les d&#233;ficits publics y p&#232;sent respectivement 6% et 7,4% du PIB. Quand la croissance repart, les rentr&#233;es fiscales s'accroissent m&#233;caniquement (car la TVA est fonction de... la valeur ajout&#233;e !, les imp&#244;ts des revenus et des consommations), et l'&#201;tat rembourse sa dette. Dans des &#233;conomies tr&#232;s ouvertes sur l'ext&#233;rieur les consommateurs ach&#232;teraient des produits &#171; made in ailleurs &#187;, et c'est cet ailleurs qui profiterait de la relance. Mais, si les pays europ&#233;ens sont tr&#232;s ouverts, ils le sont avant tout (aux 2/3 pour la France) vers les autres nations de l'Union. Une relance concert&#233;e en Europe est donc possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le drame de l'Union europ&#233;enne est qu'elle a renonc&#233;, pour des raisons qui furent valides, &#224; ces outils. Il fallait encadrer les d&#233;ficits budg&#233;taires avec une monnaie commune et donc un seul march&#233; des capitaux : sinon, le pays emprunteur pompe l'&#233;pargne des autres et accro&#238;t les taux d'int&#233;r&#234;t pour tous. Il fallait lutter contre l'inflation &#224; deux chiffres des ann&#233;es 1970, mais l'objectif actuel de 2% d'inflation &#233;touffe la croissance. Car il n&#233;cessite de rench&#233;rir le cr&#233;dit d&#232;s que la reprise pointe : elle risquerait d'engendrer de l'inflation... L'exemple du &#171; NAIRU &#187; pourrait pourtant inspirer : de savants calculs d&#233;finissaient l'impossibilit&#233; th&#233;orique que le ch&#244;mage descende en-de&#231;&#224; de 8% aux &#201;tats-unis sans d&#233;clencher un regain d'inflation. Vinrent alors les ann&#233;es 1990, la r&#233;volution informatique et son boom &#233;conomique. &#192; 8% de ch&#244;mage, on pr&#233;dit la catastrophe, &#224; 7%, on revit les calculs. &#192; 6% certains d&#233;couvrirent la modestie. Le ch&#244;mage descendit jusqu'&#224; 3,9% sans une ombre d'inflation. 2%, c'est la marge d'erreur dans le calcul du taux d'inflation en Europe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; viennent les &#171; crit&#232;res de Maastricht &#187; repris par le &#171; pacte de stabilit&#233; &#187; ? La &#171; barre &#187; de 3% de d&#233;ficit budg&#233;taire en % du PIB n'a rien de scientifique : c'&#233;tait le d&#233;ficit allemand moyen des ann&#233;es 1980, et celui math&#233;matiquement requis pour stabiliser la dette &#224; 60% du PIB avec une croissance de 5% l'an. Et les 60% ? C'&#233;tait la moyenne du poids des dettes publiques dans l'Union jusqu'en 1990, ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant le trait&#233;. La dette du Japon repr&#233;sente 155,7% de son PIB en 2003, celle des &#201;tats-Unis 64%, mais 70,8% par exemple en 1997. Les crit&#232;res de Maastricht, assortis de sanctions par le pacte de stabilit&#233; sont des chiffres dat&#233;s : les ann&#233;es 1990 ne sont en rien une r&#233;f&#233;rence absolue ! Le prix de l'aveuglement de la Banque centrale europ&#233;enne et des dirigeants europ&#233;ens est constitu&#233; par les millions de ch&#244;meurs qu'une croissance plus forte permettrait d'occuper. Faute de croissance, les recettes des &#201;tats se r&#233;duisent et les d&#233;ficits enflent, sans que soit donn&#233; un coup de fouet &#224; des &#233;conomies qui s'embourbent. Mais cela sert les lib&#233;raux d'un autre point de vue dont nous reparlerons : ainsi ils &#8220;affament&#8221; l'&#201;tat. Incapables d'impulser des r&#233;formes des services publics, ils r&#233;duisent leurs moyens et privatisent tout ce qu'ils peuvent... renvoyant la faute sur des &#171; technocrates &#187; de Bruxelles qui ne font qu'appliquer les r&#232;gles qu'il ont &#233;dict&#233;es. Quelle aggravation de la crise faudra-t-il pour qu'ils ouvrent les yeux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Prof D&#233;co&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Chroniques 2003 du Laboratoire d'&#233;conomie d'Orl&#233;ans parues dans la R&#233;publique du centre, accessibles sur &lt;a href=&#034;http://www.univ-orleans.fr/DEG/LEO&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.univ-orleans.fr/DEG/LEO&lt;/a&gt;, aller dans &#8220;activit&#233; scientifique&#8221;, puis &#8220;publications&#8221;, puis &#8220;papiers dans la R&#233;p&#8221;. P&#233;dagogiques, limpides.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Hors-s&#233;rie Alternatives &#233;conomiques n&#176;58, 4&#176; trimestre 2003
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Courrier international n&#176;679 et 680, novembre 2003&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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